Finance islamique quand on est musulman : comment faire ?

Par BOUTAIBA

Salam les investisseurs impactant, 

Voilà un article que je voulais écrire depuis un bout de temps maintenant. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à la finance islamique, je me suis posé beaucoup de questions qui étaient de savoir si suivre les préceptes dans ma vie quotidienne de cette finance venait en accord avec mon éthique musulmane. Et aujourd’hui, après avoir accompli ce travail de recherche ma réponse est oui.

Avant d’expliquer pourquoi j’en arrive à cette conclusion faisons l’état des lieux de la finance islamique. 

On ne va pas se mentir, la finance islamique en France à très mauvaises pubs par notre communauté elle-même. Tu as sûrement déjà entendu les fameux “investir en bourse, c’est haram”, “prendre un crédit, c’est riba” ou encore l’achat d’une maison en contrat mourabaha correspond à du « riba déguisé ». 

Bien sûr, je ne veux offusquer personne et chacun est libre d’avoir ses propres convictions surtout lorsque l’on parle d’islam, mais lorsque l’on donne un avis sur un sujet, il est fortement conseillé d’avoir des connaissances préalables ou un argumentaire fondé sur des preuves. En l’occurrence ici, des arguments venant d’une connaissance de la charia appliquée à la finance islamique et du fiqh financier provenant de grands érudits de renommée mondial qui ont pour sources l’ensemble des textes religieux. 

Ce n’est ni un diktat, un édit ou une fatwa.

La conséquence de l’image négative de la finance islamique est que notre communauté reste à l’écart de ce sujet et de la finance personnelle en générale qui est comme on le verra ci-dessous peut-être encore plus problématique d’un point de vue financier, mais aussi religieux. 

Essayons alors de démonter les idées reçues sur la finance islamique, mais aussi de l’opposer à la finance dites conventionnelles plus particulièrement autour de la riba. 

Ensuite, voyons ensemble la conséquence pour notre communauté de rester à l’écart de ces sujets dans le contexte de la gestion de nos finances et de l’évolution des services conformes à la charia. 

Après, voyons ensemble ce que l’on peut faire dès aujourd’hui pour changer nos habitudes. 

Finalement, voyons pourquoi la finance islamique peut faire de nous un meilleur musulman et surtout l’obligation pour nous de nous tourner vers cette finance.

Qu'est ce que la finance islamique ?

C’était après la crise de 2008 que j’ai entendue parler pour la première fois de la finance islamique lorsque Christine Lagarde, alors ministre de l’Économie a posé la première pierre au cadre légal français permettant le développement de ce marché. 

Les fondements de la finance islamique reposent sur les principes de la loi islamique (charia) et cherchent à transmettre une vision de justice, d’équité et de transparence. 

On distingue la finance islamique de la finance conventionnelle par la mise en avant d’idée d’éthique et de morale qui trouve leurs sources dans le Coran (révélation Divine), dans la sunna (tradition prophétique) et dans les pratiques économiques et financières à l’époque du prophète Mohamed (pbsl). 

Elle est notamment fondée sur trois interdictions fondamentales qui sont le maysir (jeu de hasard), le riba (intérêt) et le gharar (incertitude) mais aussi sur la responsabilité sociale de l’investissement (ISR).

Les investissements en finance islamique dits halal sont aujourd’hui recherchés par de nombreuses personnes, qu’elles soient musulmanes ou non.

Les investissements halal impliquent deux choses : l’argent investi est investi dans un actif tangible qui ne cause aucune sorte de préjudice social et aucune transaction n’implique de riba.

Alors d’où vient le problème ? 

Cela provient d’une méconnaissance de notre communauté des fondements de la finance islamique, du système économique de notre société, mais aussi de la finance personnelle en général. 

Quelle différence avec la finance conventionnelle ?

Dans cet exemple, prenons le cas des banques conventionnelles qui sont les acteurs de notre système économique. Elles ne sont pas limitées dans les investissements qui peuvent être liés par exemple à l’armement, aux jeux de hasard, à la pornographie et tous types d’actifs venant à l’encontre de l’éthique musulmane. Le partage des risques est très limité. 

Mais aussi, la différence la plus flagrante, est l’omniprésence de « riba » qui est le fondement même de notre système économique via le système de réserves fractionnaires. 

Ce système donne le droit aux banques conventionnelles de prêter de l’argent qu’elle ne possède pas et sur lequel, en plus d’être remboursé par l’emprunteur, touchera également des intérêts (riba). Ce système permet la création de monnaie. 

Il faut noter que ces banques sont réglementé par les banques centrales qui limitent le nombre de prêt. En effet, pour qu’une banque puisse prêter de l’argent, il lui faut collecter des dépôts de ces clients, nous

Comment ça conserver son épargne ? 

Eh oui, peut-être vous ne le saviez pas, mais même si vous avez décidé de laisser votre épargne dans un compte bancaire qui ne vous rémunère pas pour éviter de toucher de l’intérêt. Du fait de l’inflation, votre épargne avec le temps diminuera indéniablement chaque année… Et cela sans compte la Zakat qui viendra diminuer votre épargne de 2,5 % chaque année. 

Inflation + Zakat + épargne à 0 % = Perte de +50 % de votre richesse après 30 ans !!

Alors comment faire ? 

Il faut d’abord s’écarter des produits non halal. Par-là, j’entends livret A, compte d’épargne non halal, carte de crédit, etc. 

Ensuite, il est recommandé de placer son épargne dans des produits pouvant offrir un rendement plus attractif comme je l’explique dans mon article sur comment investir en bourse ici, mais aussi dans mon guide que vous pouvez télécharger ici.

Finance islamique = Meilleur musulman ?

Alors, pour être honnête, c’est une réponse nuancée. Comme dit plus haut, je prône pour le oui pour plusieurs raisons. 

Tout d’abord, cela va de soi, si on s’écarte de riba, c’est-à-dire ne pas contracter de crédit bancaire, ne pas souscrire à un compte d’épargne ou encore une carte de crédit. 

Mais aussi, le fait d’investir son épargne différemment et de comprendre et promouvoir les fondements de la finance islamique sera source d’impact dans notre société et cause de changement où on pourra imaginer que les banques conventionnelles soit prêtent à développer des produits islamiques du fait d’une demande grandissante de la part de la communauté musulmane (ou non) qui au même moment s’écarteront des produits traditionnels. Ainsi, être les ambassadeurs et pour que les générations futures puissent bénéficier de cette finance éthique, durable et halal. 

Enfin, la finance islamique comporte aussi la notion de zakat (aumône obligatoire annuelle). Cet « impôt social purificateur » une fois acquitté est source de reconnaissance des bienfaits qui lui sont accordés et un acte pour réduire les inégalités et favoriser le partage et la solidarité.

C’est pourquoi en s’écartant des produits non-conformes à la charia, en investissant de manière halal, d’être les ambassadeurs de cette finance et d’acquitter une plus grande zakat pour impacter la communauté est pour moi des facteurs qui feront de moi un meilleur musulman. 

Pour finir, je vous partage une vidéo montrant que c’est ensemble que l’on permettra de faire grandir cette finance. 

Et vous qu’en pensez-vous ? Dites-le-moi en commentaire. 👇

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