Carte de crédit halal ou haram ? Un sujet qui divise

Salam les investisseurs impactants,

Imagine la scène.

Tu es à la caisse d’un magasin. Tu viens d’acheter quelque chose de simple : un ordinateur, un téléphone, un billet d’avion, peut-être même juste des courses. Et là, le vendeur te dit :

“Vous voulez ouvrir notre carte de crédit ? Vous aurez du cashback, des points, une protection achat, et vous ne payez rien si vous remboursez à temps.”

Sur le papier, ça a l’air presque trop beau.

Tu dépenses maintenant. Tu rembourses plus tard. Tu gagnes des points. Tu peux voyager plus facilement. Tu peux louer une voiture. Tu as parfois une meilleure protection en cas de problème.

Et surtout, tu te dis :

“Mais si je rembourse toujours à temps, je ne paie jamais d’intérêt. Donc où est le problème ?”

C’est exactement là que le sujet devient intéressant.

Parce que la carte de crédit n’est pas un simple moyen de paiement. Ce n’est pas juste une carte bancaire avec un joli design, du cashback et une app moderne. Derrière, il y a un contrat. Et dans ce contrat, il y a souvent une clause d’intérêt si tu ne rembourses pas à temps.

C’est pour ça que la question “carte de crédit halal ou haram ?” divise vraiment.

Certains savants et spécialistes de finance islamique disent : si tu rembourses à temps, tu ne paies pas de riba, donc l’usage peut être permis sous conditions.

D’autres disent : le problème commence avant même le paiement d’intérêt, parce que tu acceptes dès le départ un contrat qui prévoit du riba en cas de retard.

Dans cet article, on va voir les deux positions honnêtement. Puis je te donnerai mon avis, en toute transparence.

Et mon avis est simple : dans un contexte occidental, la carte de crédit est à éviter par principe. Pas parce qu’emprunter est haram en soi. Mais parce que la carte de crédit est structurellement liée à un mécanisme d’intérêt potentiel dès le contrat.

Débit, débit différé, crédit : c’est quoi la différence ?

Avant de parler de halal ou haram, il faut déjà clarifier un gros malentendu.

En France, beaucoup de gens disent “carte de crédit” pour parler de n’importe quelle carte bancaire. Mais techniquement, toutes les cartes ne fonctionnent pas pareil.

Et cette différence change beaucoup de choses du point de vue islamique.

La carte de débit

La carte de débit, c’est le cas le plus simple.

Tu paies avec ton propre argent. L’argent est prélevé directement ou presque directement sur ton compte bancaire.

Tu as 500 euros sur ton compte. Tu dépenses 40 euros. Ton solde baisse. Il n’y a pas de prêt, pas de crédit, pas de dette envers la banque.

Dans ce cas, le principe est simple : une carte de débit classique ne pose pas de problème particulier en soi.

Bien sûr, il faut regarder l’ensemble du compte bancaire, les frais, les découverts, les produits associés. Mais la carte elle-même est juste un outil pour dépenser ton propre argent.

💡 À retenir
Carte de débit = tu dépenses l’argent que tu possèdes déjà.

La carte à débit différé

La carte à débit différé est souvent confondue avec une carte de crédit.

Dans beaucoup de banques françaises, tu peux avoir une carte Visa ou Mastercard à débit différé. Tu fais tes paiements pendant le mois, puis la banque prélève automatiquement le total à une date fixe.

Par exemple :

Tu paies plusieurs fois dans le mois. À la fin du mois, la banque prélève automatiquement toutes les dépenses sur ton compte.

Le point important, c’est que tu n’es pas censé rembourser avec intérêts. Ce n’est pas une dette renouvelable classique comme une carte de crédit américaine. C’est plutôt un décalage de paiement organisé par la banque.

Est-ce que c’est totalement neutre ? Pas forcément. Il faut regarder les conditions, les frais, le risque de découvert, et ce qui se passe si ton compte n’est pas assez approvisionné.

Mais ce n’est pas la même structure qu’une carte de crédit revolving.

💡 À retenir
Débit différé = paiement reporté, généralement prélevé automatiquement, mais pas forcément lié à un crédit avec intérêts.

La carte de crédit

La carte de crédit, au sens strict, fonctionne autrement.

Tu achètes maintenant. La banque ou l’émetteur de la carte avance l’argent. Ensuite, tu rembourses plus tard. Si tu rembourses à temps, tu peux parfois éviter les intérêts. Mais si tu ne rembourses pas à temps, des intérêts sont appliqués.

Et c’est là que le problème commence.

Même si toi, personnellement, tu as l’intention de rembourser à temps, le contrat prévoit dès le départ une clause d’intérêt en cas de retard.

⚠️ Attention
Le sujet n’est pas seulement : “Est-ce que je vais payer des intérêts ?”
Le sujet est aussi : “Est-ce que j’entre volontairement dans un contrat qui prévoit des intérêts ?”

Et c’est précisément ce point qui divise les savants.

Le point clé : différé ne veut pas dire crédit

J’ai déjà détaillé la différence entre paiement différé, dette et riba dans mon article sur le sur le BNPL halal ou haram

Ici, le point important est simple : le problème n’est pas le délai de paiement en soi. Le problème, c’est la clause d’intérêt attachée à une dette.

C’est pour ça qu’il ne faut pas mettre toutes les cartes dans le même panier.

Une carte à débit différé peut simplement décaler le prélèvement à la fin du mois. Une carte de crédit, elle, repose généralement sur un mécanisme où la banque avance l’argent, puis applique des intérêts si tu ne rembourses pas dans les délais.

Et cette nuance change tout.

💡 À retenir
Le différé n’est pas automatiquement le problème. Le vrai sujet, c’est le contrat de crédit avec clause d’intérêt.

Le vrai débat islamique sur la carte de crédit

Sur la carte de crédit, il y a deux grandes positions.

Et contrairement à d’autres sujets où la réponse est plus simple, ici le débat existe vraiment.

Première position : c’est permis sous conditions

Certains savants et spécialistes disent que la carte de crédit peut être utilisée si tu respectes des conditions strictes.

La condition principale est simple : tu dois rembourser à temps et ne jamais payer d’intérêt.

Dans cette logique, tant qu’aucun intérêt n’est effectivement payé, il n’y a pas de riba réalisé.

Cette position insiste sur la réalité concrète de l’usage : si tu utilises la carte comme un simple outil de paiement, que tu rembourses automatiquement chaque mois, et que tu ne déclenches jamais les intérêts, alors l’usage peut être toléré.

Deuxième position : le contrat lui-même pose problème

D’autres savants adoptent une position plus stricte.

Pour eux, le problème n’est pas seulement le paiement effectif des intérêts. Le problème est que tu acceptes contractuellement une clause d’intérêt dès le départ.

Même si tu as l’intention de ne jamais payer d’intérêt, tu signes un contrat qui dit en substance : “Si je suis en retard, j’accepte de payer des intérêts.”

Et pour cette position, accepter cette clause est déjà problématique.

C’est ici que le débat se situe.

Pas sur le fait que le riba soit interdit. Là-dessus, il n’y a pas de débat.

Le débat porte sur cette question : est-ce que signer un contrat contenant une clause d’intérêt potentielle est déjà interdit, même si on ne déclenche jamais cette clause ?

⚠️ Attention
Ce n’est pas un débat entre “les modernes cools” et “les anciens stricts”. C’est un vrai débat juridique sur la nature du contrat, l’intention, le risque, et l’application réelle de la clause.

Les arguments pour la carte de crédit

La position permissive, qu’on retrouve notamment chez certains spécialistes comme Ibrahim Khan d’Islamic Finance Guru, mais aussi chez des savants comme Shaykh Faraz Rabbani ou le professeur Monzer Kahf, repose sur plusieurs arguments.

1. Emprunter n’est pas haram en soi

Premier point important : en islam, emprunter de l’argent n’est pas automatiquement interdit.

Ce qui est interdit, c’est le riba. C’est-à-dire l’intérêt, l’augmentation liée à la dette, ou le profit garanti sur le prêt.

Donc l’argument est le suivant : si la carte te permet techniquement d’emprunter, mais que tu rembourses dans le délai sans intérêt, alors tu n’as pas payé de riba.

Dans cette logique, l’emprunt court terme sans intérêt ne serait pas le problème.

2. Les clauses d’intérêt sont partout dans l’économie occidentale

Deuxième argument : dans beaucoup de pays occidentaux, les clauses de pénalité ou d’intérêt de retard sont présentes dans énormément de contrats.

Téléphone, électricité, logement, services, assurances, abonnements : beaucoup de contrats prévoient des frais ou pénalités si tu ne paies pas à temps.

L’argument permissif dit donc : si on interdit toute signature d’un contrat contenant une clause problématique potentielle, la vie devient presque impossible dans certains pays.

Donc certains savants distinguent entre :

Entrer dans un contrat pour utiliser un service permis, tout en évitant la clause interdite.

Et entrer dans un contrat avec l’intention réelle de bénéficier d’un prêt à intérêt.

Ce n’est pas exactement la même chose.

3. Il y a de vrais avantages pratiques

Troisième argument : la carte de crédit peut avoir des avantages réels.

Protection des achats. Assurance voyage. Location de voiture. Dépôt de garantie à l’hôtel. Contestation d’une transaction. Cashback. Points. Sécurité en ligne.

Dans certains pays, la carte de crédit est même très intégrée à la vie quotidienne. Certaines agences de location de voiture ou certains hôtels préfèrent une carte de crédit plutôt qu’une carte de débit.

Donc l’argument permissif dit : si la carte apporte une utilité réelle, et que la personne est disciplinée, il peut y avoir une marge de permission.

4. Les banques ne gagnent pas uniquement avec les intérêts

Quatrième argument : les cartes de crédit ne génèrent pas seulement de l’argent via les intérêts payés par les clients.

Il y a aussi des commissions marchands, des frais d’interchange, des partenariats, parfois des frais annuels.

Donc l’argument est que l’usage de la carte ne signifie pas automatiquement que l’utilisateur participe directement au riba, surtout s’il ne paie jamais d’intérêt.

💡 À retenir
La position permissive ne dit pas : “La carte de crédit est parfaite.”
Elle dit plutôt : “Elle peut être permise si tu ne paies jamais d’intérêt, que tu rembourses à temps, et que tu as une maîtrise réelle de ton usage.”

Les arguments contre la carte de crédit

La position stricte, qu’on retrouve notamment chez des savants conservateurs et sur IslamQA, part d’une autre logique.

Pour eux, le problème n’est pas seulement ce que tu fais après.

Le problème commence au moment où tu signes le contrat.

1. Tu acceptes une clause de riba

Quand tu prends une carte de crédit classique, tu acceptes généralement que des intérêts soient appliqués si tu ne rembourses pas à temps.

Même si tu dis : “Moi, je paierai toujours à temps”, le contrat reste le même.

Tu as accepté une clause qui prévoit du riba.

Pour la position stricte, ce point suffit à rendre le contrat problématique.

2. Le risque n’est pas théorique

Deuxième point : personne n’est à l’abri d’un retard.

Tu peux oublier. Ton prélèvement automatique peut échouer. Ton compte peut être bloqué. Ton salaire peut arriver en retard. Tu peux avoir un problème bancaire, une urgence, une maladie, une perte d’emploi.

Et dès que tu rates le paiement, la mécanique d’intérêt s’active.

Donc dire “je rembourserai toujours à temps” peut être vrai aujourd’hui, mais fragile dans la réalité.

⚠️ Attention
La finance personnelle n’est pas seulement une question de fiqh. C’est aussi une question de comportement. Et les cartes de crédit sont conçues pour rendre la dette facile, invisible, et parfois addictive.

3. La carte encourage la consommation à crédit

Troisième point : la carte de crédit change ton rapport à l’argent.

Avec une carte de débit, tu dépenses l’argent que tu as.

Avec une carte de crédit, tu peux dépenser l’argent que tu n’as pas encore remboursé.

Même si tu es discipliné, la psychologie n’est pas la même.

Tu peux te dire : “Je paierai plus tard.”
Puis “Ce mois-ci, je laisse tourner un peu.”
Puis “Je rembourse le minimum.”
Puis les intérêts commencent.

Et c’est exactement comme ça que beaucoup de gens tombent dans une dette de carte de crédit.

4. Les rewards peuvent masquer le problème

Le cashback, les miles et les points donnent l’impression que la carte te fait gagner de l’argent.

Mais souvent, ces avantages servent surtout à augmenter ton usage de la carte.

Tu dépenses plus facilement parce que tu as l’impression d’être récompensé.

Et le système reste rentable parce qu’une partie des utilisateurs finit par payer des intérêts, des frais ou des retards.

C’est pour ça que, même si le cashback peut sembler innocent, il faut regarder la structure entière.

💡 À retenir
La position stricte regarde le contrat et le système. Pas seulement ton intention personnelle.

Et le cashback, c’est permis ?

Le cashback est une question à part.

Si tu utilises une carte de débit halal, ou un programme de récompense qui ne t’oblige pas à entrer dans un contrat de crédit avec intérêt, le cashback peut être plus simple à justifier.

Mais avec une carte de crédit, le cashback dépend de la carte elle-même.

Si la carte est problématique à cause de sa structure, alors le cashback ne rend pas la carte meilleure.

C’est un peu comme mettre une récompense sur un mécanisme douteux. La récompense ne règle pas forcément le problème de base.

Dans la position permissive, le cashback peut être accepté si :

Tu ne paies jamais d’intérêt.
Tu rembourses intégralement à temps.
Tu ne dépenses pas plus pour gagner des points.
La récompense ne provient pas directement d’un mécanisme interdit identifiable.

Dans la position stricte, le problème reste le même : la carte elle-même repose sur un contrat contenant une clause d’intérêt, donc les avantages associés ne changent pas la nature du contrat.

Mon avis : ne laisse pas le cashback guider ta décision.

Si tu prends une carte de crédit uniquement pour gagner 1 %, 2 % ou quelques miles, alors tu prends un risque religieux et comportemental pour un bénéfice assez faible.

Et franchement, ce n’est pas ça qui va construire ton patrimoine.

⚠️ Attention
Le cashback peut te donner l’impression d’être malin financièrement, alors qu’en réalité il peut t’attirer vers un système que tu voulais justement éviter.

Et en voyage ?

C’est l’argument qu’on entend souvent.

“Oui mais en voyage, il faut une carte de crédit.”

Et il y a une part de vérité.

Dans certains pays, certains hôtels ou loueurs de voiture demandent une carte de crédit pour bloquer une caution. Certaines cartes donnent aussi de meilleures protections en cas de fraude, d’annulation ou de litige.

Donc il ne faut pas faire semblant que le problème n’existe pas.

Voyager avec uniquement une carte de débit peut parfois être plus compliqué.

Mais il faut distinguer trois situations.

Situation 1 : confort

Tu veux une carte de crédit parce que c’est plus pratique, parce que ça donne des points, ou parce que ça facilite certains paiements.

Là, pour moi, ce n’est pas une nécessité.

C’est du confort.

Et pour du confort, je ne vois pas pourquoi prendre un contrat avec clause d’intérêt alors qu’il existe des alternatives.

Situation 2 : difficulté réelle

Tu voyages souvent. Tu as déjà eu des blocages avec des cartes de débit. Tu dois louer une voiture. Tu dois réserver certains hôtels. Tu veux éviter d’être bloqué à l’étranger.

Là, on peut comprendre que la question devienne plus sérieuse.

Mais même dans ce cas, la première étape devrait être de chercher des alternatives : carte de débit premium, Wise, Revolut, N26, compte avec bonne couverture internationale, carte virtuelle, carte secondaire, plafond ajusté, assurance séparée.

Il y a souvent des solutions avant de passer à la carte de crédit classique.

Situation 3 : nécessité réelle

Dans certains cas très spécifiques, une personne peut se retrouver dans une situation où elle n’a pas d’alternative raisonnable.

Là, ce n’est plus un article général qui peut trancher. Il faut demander à une personne compétente, expliquer le cas précis, et regarder le niveau réel de nécessité.

Parce qu’en islam, la nécessité existe. Mais tout n’est pas une nécessité.

💡 À retenir
Voyage ne veut pas automatiquement dire nécessité. Parfois, c’est juste du confort. Parfois, c’est une vraie difficulté. Et rarement, ça peut devenir une vraie nécessité.

Les alternatives concrètes en France

La bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui, tu peux vivre sans carte de crédit classique dans la plupart des cas.

1. Carte de débit simple

C’est l’alternative la plus propre.

Tu dépenses ce que tu as. Pas de crédit. Pas d’intérêt. Pas de dette qui tourne.

Beaucoup de banques proposent des cartes de débit immédiat. Il faut juste faire attention à ne pas activer un découvert autorisé avec intérêts, ou au minimum ne pas l’utiliser.

2. N26 débit

N26 propose des cartes de débit dans plusieurs offres. Pour un usage quotidien, c’est souvent plus simple qu’une carte de crédit.

L’intérêt est surtout la simplicité : app claire, notifications, contrôle des plafonds, paiements internationaux selon l’offre.

Mais comme toujours, il faut lire les conditions et éviter les produits de crédit ou de découvert.

3. Revolut débit

Revolut est aussi souvent utilisé comme alternative pour voyager, payer en devises, créer des cartes virtuelles, séparer ses budgets.

Là encore, le point important n’est pas la marque. C’est le type de carte et les fonctionnalités activées.

Une carte de débit utilisée avec ton propre argent est beaucoup plus simple à défendre qu’une carte de crédit avec clause d’intérêt.

4. Wise

Wise peut être utile pour les paiements en devises, les voyages, les transferts internationaux et la gestion de plusieurs monnaies.

Pour quelqu’un qui voyage ou qui paie souvent à l’étranger, ça peut réduire l’argument “j’ai absolument besoin d’une carte de crédit”.

5. Carte bancaire classique à débit immédiat

Tu n’as pas forcément besoin d’une néobanque.

Une carte Visa ou Mastercard à débit immédiat dans une banque traditionnelle peut suffire.

Mais attention : certaines banques françaises utilisent des termes qui créent de la confusion. Une carte peut être marquée “crédit” ou “débit” selon les réseaux, les options, les assurances ou les paramètres.

Il faut donc regarder le contrat, pas seulement le logo sur la carte.

⚠️ Attention
Apple Pay et Google Pay ne changent rien au sujet. Ce sont juste des interfaces de paiement. La vraie question est : quelle carte est liée derrière ? Débit, débit différé, ou crédit ?

Mon avis final

Mon avis est le suivant.

La carte de débit simple est l’option à privilégier.

La carte à débit différé peut être une zone grise selon la structure exacte, mais elle est généralement moins problématique qu’une carte de crédit classique, parce qu’elle ne repose pas forcément sur une logique de crédit revolving avec intérêts.

La carte de crédit classique, surtout dans le modèle occidental, est à éviter par principe.

Pas parce que l’emprunt est haram en soi.

Pas parce que toutes les personnes qui utilisent une carte de crédit paient forcément du riba.

Pas parce que le sujet est simple et que tous les savants disent exactement la même chose.

Mais parce que le contrat contient souvent une clause d’intérêt potentielle. Parce que la carte est structurellement liée à un mécanisme de dette. Parce que le risque de retard existe. Et parce que les alternatives sont aujourd’hui largement suffisantes pour la majorité des usages.

Je comprends la position permissive.

Si une personne rembourse automatiquement à temps, ne paie jamais d’intérêt, utilise la carte uniquement comme outil de paiement, et suit un avis savant qui l’autorise sous conditions, je ne vais pas faire comme si cette position n’existait pas.

Mais pour ImpactInvesting.fr, ma ligne est plus prudente.

Quand on essaie de construire une vie financière alignée, on ne cherche pas seulement à optimiser les points, les miles et les petits avantages.

On cherche aussi à sortir des systèmes qui rendent la dette normale, facile, presque invisible.

Et la carte de crédit fait partie de ces outils qui peuvent sembler pratiques, mais qui changent doucement ton rapport à l’argent.

Donc mon conseil est simple :

Prends une carte de débit. Garde ton argent clair. Évite les mécanismes de dette. Ne prends pas un risque religieux pour du cashback. Et si tu as un cas particulier, demande un avis adapté à ta situation.

Avantages et risques ✅ ❌

OptionAvantages ✅Risques ❌Mon avis
Carte de débitSimple, tu dépenses ton argent, pas de créditDécouvert possible si mal configuréMeilleure option
Débit différéPratique, prélèvement automatique, moins proche du crédit purConfusion possible, frais si compte non approvisionnéÀ vérifier selon contrat
Carte de créditProtection achat, voyage, cashback, flexibilitéClause d’intérêt, dette facile, retard possible, riba potentielÀ éviter par prudence
Carte étrangère type AmexAvantages premium, points, assurancesSouvent crédit pur, intérêts élevés, forte incitation à consommerÀ éviter sauf cas très spécifique
Apple Pay / Google PayPratique, rapide, sécuriséNe change pas la nature de la carte liéeNeutre, dépend de la carte derrière
Wise / Revolut / N26 débitAlternative utile, voyage, devises, contrôle via appConditions à lire, options de crédit à éviterBonne alternative

FAQ

Est-ce qu’une carte de crédit est automatiquement haram ?

Il y a divergence.

Certains savants disent qu’elle peut être permise si tu rembourses toujours à temps et que tu ne paies jamais d’intérêt. D’autres disent que le contrat est problématique dès le départ, car il contient une clause d’intérêt en cas de retard.

Donc la réponse dépend de l’avis suivi.

Ma position personnelle est de l’éviter par prudence, surtout quand une carte de débit suffit largement.

Est-ce que rembourser à temps règle le problème ?

Pour la position permissive, oui, c’est l’élément central : si tu rembourses à temps, tu ne paies pas d’intérêt, donc tu évites le riba effectif.

Pour la position stricte, non, ce n’est pas suffisant. Le problème est d’avoir accepté un contrat qui prévoit le paiement d’intérêts si tu es en retard.

C’est exactement là que se situe le débat.

Est-ce que le cashback d’une carte de crédit est halal ?

Si la carte elle-même est considérée permise sous conditions, certains peuvent considérer le cashback comme acceptable, tant qu’il ne t’amène pas à payer des intérêts ou à dépenser plus.

Mais si tu considères que la carte est problématique dès le départ, alors le cashback ne règle pas le problème. Il devient juste un avantage attaché à un contrat douteux.

Mon conseil : ne prends pas une carte de crédit juste pour du cashback.

Est-ce qu’Apple Pay ou Google Pay rend le paiement halal ?

Non.

Apple Pay et Google Pay ne sont que des interfaces. Ils ne changent pas la nature de la carte utilisée.

Si tu lies une carte de débit, tu utilises une carte de débit. Si tu lies une carte de crédit avec intérêts potentiels, le problème reste le même.

La question importante n’est donc pas “Apple Pay ou Google Pay ?”

La vraie question est : quelle carte est derrière ?

Quelle est la meilleure alternative halal à une carte de crédit ?

Pour la plupart des gens, la meilleure alternative est une carte de débit simple, sans découvert utilisé, avec une bonne gestion du solde.

Pour les voyages, Wise, Revolut débit, N26 débit ou une carte bancaire classique à débit immédiat peuvent couvrir beaucoup de besoins.

L’objectif n’est pas d’avoir la carte la plus optimisée du marché. L’objectif est d’avoir un outil simple, clair, et cohérent avec une gestion financière halal.

Sources externes utilisées

Pour écrire cet article, je me suis appuyé sur plusieurs positions existantes afin de présenter le débat de manière équilibrée :

  • Islamic Finance Guru, notamment l’analyse d’Ibrahim Khan sur les cartes de crédit et les arguments de la position permissive.
  • IslamQA, pour la position stricte qui considère problématique le fait d’entrer dans un contrat contenant une clause d’intérêt.
  • SeekersGuidance, notamment les réponses attribuées à Shaykh Faraz Rabbani sur l’usage des cartes de crédit, les conditions de remboursement et les points de récompense.
  • SeekersGuidance sur le cashback et les rewards, pour la question spécifique des points, cashback et récompenses.
  • Prof. Monzer Kahf, pour ses avis juridiques sur l’usage des cartes de crédit sous conditions, notamment l’absence de paiement d’intérêt.

Ces sources ne disent pas toutes la même chose, et c’est justement pour ça que l’article présente les deux lectures avant de donner mon avis personnel.

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